Les chiffres et les nombres constituent l’un des points les plus complexes du japonais. Si leur fonctionnement est très logique, ils présentent quelques subtilités à connaître pour utiliser le bon mot dans le bon contexte. Dans cet article, vous apprendrez à compter en japonais, de 1 à l’infini (avec les kanji), ainsi que les bases du système des compteurs.
Les nombres japonais
Tout d’abord, présentons les chiffres et les nombres japonais. Ils s’écrivent traditionnellement en kanji, mais il est désormais commun de les noter en alphabet arabe. Par exemple, « onze » peut s’écrire 十一 ou 11. Dans tous les cas, je vous recommande chaudement d’apprendre les kanji des chiffres. Ils ne sont pas bien compliqués et font partie des kanji les plus fréquents en japonais, vous vous rendrez donc un fier service en les ajoutant à votre répertoire.
Avant toute chose, je vous invite à apprendre les hiragana si ce n’est pas déjà fait. Les connaître vous aidera à mieux profiter de cet article.
Deux origines, deux façons de compter
Première difficulté : les chiffres japonais possèdent une double origine, avec plusieurs prononciations possibles.
- Les kango (漢語) : d’origine chinoise ;
- Les wago (和語) : d’origine japonaise.
Le principe est le même que pour les lectures des kanji : certains mots viennent du chinois (lecture on) tandis que d’autres sont issus du japonais archaïque (lecture kun). Cette dualité, issue de l’histoire de la langue japonaise, se retrouve naturellement dans les nombres.
Les chiffres de 1 à 10
Commençons par le plus simple : les chiffres japonais de 1 à 10. Ils utilisent en principe la prononciation d’origine chinoise (on), même s’il y a quelques exceptions.
Nombre (kanji) | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|
一 | いち | ichi |
二 | に | ni |
三 | さん | san |
四 | し/よん | shi/yon |
五 | ご | go |
六 | ろく | roku |
七 | しち/なな | shichi/nana |
八 | はち | hachi |
九 | きゅう/く | kyū/ku |
十 | じゅう | jū |
Voilà, vous savez déjà compter de 1 à 10 en japonais ! Vous voyez, rien de bien compliqué.
Vous pouvez également ajouter le nombre 0, qui a fait son entrée tardivement au Japon, pendant l’ère Meiji. Il s’agit de 零 (rei), également écrit en katakana, ゼロ (zero), voire 〇 dans des dates ou des prix (par exemple : 二〇〇七 = 2007). Le chiffre zéro peut également être prononcé まる (maru, littéralement « rond »), par exemple pour donner son numéro de téléphone.
Les duos de chiffres : 4, 7 et 9
Une remarque importante : vous noterez que pour les chiffres 4, 7 et 9, il existe deux versions possibles.
Pour 4 et 9, ce phénomène provient d’une superstition. En effet, la prononciation du caractère 四, (shi, « quatre »), correspond également à celle du kanji de la mort, 死. Plutôt lugubre ! Pour cette raison, le chiffre 4 est d’ailleurs considéré comme étant de mauvais augure au Japon, à l’image de notre nombre 13 chez nous. On préfère alors la lecture kun yon.
Le caractère 九 (« neuf »), quant à lui, peut se prononcer ku, tout comme le kanji 苦, qui peut signifier « souffrance » ! On lui substitue généralement une autre lecture on (donc elle aussi empruntée au chinois), kyū.
Pour 7, il y a deux raisons. Tout d’abord, la prononciation shichi du caractère 七 peut facilement être confondue avec celle des caractère 一 (ichi, « un ») ou 四 (shi, « quatre »). Par souci de clarté, on utilise plus souvent la lecture kun nana à la place. Ensuite, la proximité entre shichi et shi (« quatre » ou « mort »)
Pour finir, retenez une règle simple : si vous comptez de 1 à 10 (un, deux, trois, quatre…), vous utiliserez respectivement shi, shichi, ku
Compter au-delà de 10
Compter en japonais est extrêmement simple. Voici comment faire.
De 11 à 19
Il suffit de prendre le nombre 10 (十, jū) et de lui ajouter un chiffre. Par exemple, 11 = 10 (十) + 1 (一), soit 十一 (jūichi).
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
11 | 十一 | じゅういち | jūichi |
12 | 十二 | じゅうに | jūni |
13 | 十三 | じゅうさん | jūsan |
14 | 十四 | じゅうよん/じゅうし | jūyon/jūshi |
15 | 十五 | じゅうご | jūgo |
16 | 十六 | じゅうろく | jūroku |
17 | 十七 | じゅうなな/じゅうしち | jūnana/jūshichi |
18 | 十八 | じゅうはち | jūhachi |
19 | 十九 | じゅうきゅう/じゅうく | jūkyū/jūku |
Pour les nombres se terminant par 4, 7 et 9, ici 14, 17 et 19, il y a deux prononciations possibles. En japonais courant, il est cependant plus fréquent d’entendre jūyon (14), jūnana (17) et jūkyū (19).
Bonne nouvelle : avec les nombres de 1 à 12, vous êtes maintenant capable de nommer les mois en japonais !
Compter les dizaines
Là aussi, impossible de faire plus simple : le chiffre des dizaines est ajouté devant le caractère 十. Par exemple, 50 = 五十 (gojū), soit 5-10.
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
10 | 十 | じゅう | jū |
20 | 二十 | にじゅう | nijū |
30 | 三十 | さんじゅう | sanjū |
40 | 四十 | よんじゅう | yonjū |
50 | 五十 | ごじゅう | gojū |
60 | 六十 | ろくじゅう | rokujū |
70 | 七十 | ななじゅう | nanajū |
80 | 八十 | はちじゅう | hachijū |
90 | 九十 | きゅうじゅう | kyūjū |
Vous remarquerez que pour 40, 70 et 90, on dit normalement yonjū, nanajū et kyūjū. Les formes shijū, shichijū et kujū existent bel et bien, mais elles sont archaïques. Vous les trouverez plutôt dans la bouche de personnes âgées ou dans des expressions figées, comme 四十肩 (shijūkata), « épaule des quarante », une douleur à l’épaule censée toucher les quadragénaires. De plus, la prononciation くじゅう (kujū) pour 90 peut correspondre à des mots peu ragoutants comme 苦汁 (un liquide amer, aussi appelé nigari, aussi « mauvaise expérience ») ou encore 苦渋 (amertume, détresse). Bref, pas très plaisant !
Pour ajouter une unité aux dizaines, c’est enfantin : vous mettez juste le chiffre désiré à droite. Par exemple : 五十七 (gojūnana) = 5 x 10 + 7 = 57, 八十九 (hachijūkyū) = 8 x 10 + 9 = 89. Même si les maths n’ont jamais été votre fort à l’école, vous ne devriez rencontrer aucune difficulté.
Compter les centaines et les milliers
Plus rien ne vous arrête : vous pouvez même compter au-delà de 100 en japonais. Le caractère 百 (hyaku) s’utilise de la même manière que 十 pour les dizaines. Il y a cependant quelques formes irrégulières (marquées d’une * dans le tableau ci-dessous), qu’il faut connaître par cœur.
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
100 | 百 | ひゃく | hyaku |
200 | 二百 | にひゃく | nihyaku |
300 | 三百 | さんびゃく | sanbyaku* |
400 | 四百 | よんひゃく | yonhyaku |
500 | 五百 | ごひゃく | gohyaku |
600 | 六百 | ろっぴゃく | roppyaku* |
700 | 七百 | ななひゃく | nanahyaku |
800 | 八百 | はっぴゃく | happyaku* |
900 | 九百 | きゅうひゃく | kyūhyaku |
Faites donc bien attention aux nombres 300 (さんびゃく), 600 (ろっぴゃく) et 800 (はっぴゃく).
Pour les milliers, même topo, avec le nombre 千 (sen). Là aussi, il y a quelques irrégularités à connaître.
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
1000 | 千 | せん | sen |
2000 | 二千 | にせん | nisen |
3000 | 三千 | さんぜん | sanzen* |
4000 | 四千 | よんせん | yonsen |
5000 | 五千 | ごせん | gosen |
6000 | 六千 | ろくせん | rokusen |
7000 | 七千 | ななせん | nanasen |
8000 | 八千 | はっせん | hassen* |
9000 | 九千 | きゅうせん | kyūsen |
Cette fois, il faut faire attention à 3 000 (さんぜん) et 8 000 (はっせん).
Les grands nombres : ça se complique
A partir de 10 000, on entre dans le domaine du bizarre. Contrairement à notre système, on ne compte plus en milliers (mille, un million, un milliard…) mais en dizaines de milliers (dix-mille, cent millions, un billion…). Pour cela, il faut utiliser les grands nombres 万 (man) pour 10 000, 億 (oku) pour 100 000 000, 兆 (chō) pour 1012, etc. Par exemple, il n’y a pas de mot en japonais pour dire « un million », on dit « 100 dix-mille », 百万 (ひゃくまん). Ce décompte impose une gymnastique mentale qui demande un peu de pratique.
Voici les grands nombres japonais :
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
10 000 | 一万 | いちまん | ichiman |
100 000 | 十百 | じゅうまん | jūman |
1 000 000 | 百万 | ひゃくまん | hyakuman |
10 000 000 | 千万 | せんまん | senman |
100 000 000 | 一億 | いちおく | ichioku |
1 000 000 000 | 十億 | じゅうおく | jūoku |
10 000 000 000 | 百億 | ひゃくおく | hyakuoku |
100 000 000 000 | 千億 | せんおく | senoku |
1 000 000 000 000 | 一兆 | いっちょう | itchō |
Veillez bien à dire 一万 (いちまん) pour 10 000, 一億 (いちおく) pour 100 000 000 ou 一兆 (いっちょう) pour 1012. Si vous oubliez le 一 (ichi) au début du nombre, ce sera considéré comme une faute.
Il existe d’autres grands nombres que vous n’utiliserez sans doute pas, mais qui ont un nom amusant. Par exemple, 1064 se dit 不可思議 (fukashigi), littéralement « merveilleux, miraculeux » !
Sans partir dans l’infiniment grand, les nombres 万 et 億 sont plus utiles que vous ne l’imaginez. Par exemple, si vous retirez l’équivalent de 1 000 €, cela correspondra à environ 183 868 yens, soit 十八万三千八百六十八円 (じゅうはちまんさんぜんはっぴゃくろくじゅうはちえん) en japonais, 円 (en). Profitez-en d’ailleurs pour repérer les irrégularités dans la transcription en hiragana !
Compter en japonais : les décimales
Un point qu’on oublie souvent et c’est bien dommage : les décimales, soit les chiffres après la virgule. Rien de sorcier : la virgule se dit 点 (ten), littéralement « point ». Les chiffres après la virgule sont ensuite comptés individuellement.
Par exemple : 4,513 se lit よんてんごいちさん.
Un nombre avant la virgule se lit normalement.
Par exemple : 235,235 se dit にひゃくさんじゅうごてんにさんご. (soit « deux cent trente-cinq virgule deux trois cinq »).
Notez que les chiffres sont lus par paquets de 4, le 点 occupant un temps dans ce paquet.
Par exemple : 4,513278 se lit よんてんごいち [pause] さんにななはち.
Le cas du zéro
Plus tôt dans l’article, je vous avais dit que le chiffre 0 était rarement employé en japonais. C’est le cas dans les nombres décimaux. Un zéro avant la virgule se lit toujours れい (rei).
Par exemple, 0,5 se lit れいてんご (« zéro point cinq »).
Quant aux chiffres après la virgule, ils peuvent se prononcer れい (rei) ou ゼロ (zero).
Par exemple, 1,07 peut se lire いちてんれいなな ou いちてんゼロなな.
Les nombres officiels, contre les tricheurs
Dans certains cas, un kanji spécifique peut être utilisé en lieu et place du kanji habituel pour écrire un chiffre. Ces caractères s’appellent les daiji (大字), « grands caractères ». Cette pratique provient de la Chine ancienne et vise à réduire les risques de falsification. En effet, certains kanji sont très faciles à modifier. Par exemple, il suffit d’un trait vertical pour transformer un 一 (1) en 十 (10) !
Pour compliquer le travail des tricheurs, les Japonais utilisent donc des caractères alternatifs dans les documents officiels ou comptables, ou encore sur les billets de banque.
Nombre | Kanji usuel | Daiji |
|---|---|---|
1 | 一 | 壱 |
2 | 二 | 弐 |
3 | 三 | 参 |
4 | 四 | 肆 |
5 | 五 | 伍 |
6 | 六 | 陸 |
7 | 七 | 漆 |
8 | 八 | 捌 |
9 | 九 | 玖 |
10 | 十 | 拾 |
100 | 百 | 陌/佰 |
1 000 | 千 | 阡/仟 |
10 000 | 万 | 萬 |
Dans les faits, ce sont surtout les nombres 壱 (1), 弐 (2), 参 (3) et 拾 (10) qui sont utilisés de manière courante, notamment 壱 et 弐 sur les billets de banque, respectivement ceux de 10 000 (壱万) et 2 000 (弐千) yens.

Compter des objets ou des êtres vivants
Jusqu’ici, nous avons appris à compter en japonais, sans préciser ce qui était compté. C’est ici que les choses sérieuses commencent, avec les redoutables compteurs (ou classificateurs). En français, nous utilisons les mêmes nombres pour tout compter : dix personnes, dix chiens, dix bâtiments. Cette simplicité ne se retrouve absolument pas en japonais : pour compter, il utilise tout un bestiaire de nombres, qui changent en fonction des objets comptés.
Avant de vous faire découvrir les compteurs les plus courants, il est important de dévoiler un autre pan des nombres japonais : la lecture kun, soit les chiffres japonais traditionnels.
La lecture kun des nombres japonais
Vous l’aurez remarqué, lorsqu’on compte de 1 à 10, on utilise la lecture on, d’origine chinoise. Rassurez-vous, avant l’arrivée des termes chinois, les Japonais n’étaient pas condamnés à ne pas savoir compter. Ils possédaient leur propre numérotation, dont nous avons vu deux exemples plus haut : よん (yon) pour 4 et なな (nana) pour 7.
En dehors de ces deux chiffres, les lectures traditionnelles ne sont plus utilisées directement. En revanche, elles ont beaucoup d’autres usages.
Les voici :
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
1 | 一 | ひと/ひ | hito /hi |
2 | 二 | ふた/ふ | futa/fu |
3 | 三 | み | mi |
4 | 四 | よ/よん | yo/yon |
5 | 五 | いつ/い | itsu/i |
6 | 六 | む/むい | mu/mui |
7 | 七 | なな | nana |
8 | 八 | や | ya |
9 | 九 | ここの/この | kokono/kono |
10 | 十 | とう/そ | tō/so |
20 | 二十 | はた | hata |
Dison-le clairement : vous n’avez absolument pas besoin de connaître telles quelles les lectures kun des nombres japonais. Elles restent cependant intéressantes pour l’étymologie. Ainsi, un mot comme 八百屋 (marchand de fruits et légumes) se lit yaoya, donc avec la lecture kun, ya, du caractère 八 (8). Plus amusant, le nom du jeu du chifoumi (ou pierre-feuille-ciseaux) vient du japonais 一二三 (hi–fu–mi), littéralement « un-deux-trois » en lecture kun.
Les compteurs : lecture kun ou on ?
Là où la lecture kun des nombres devient essentielle, c’est dans certains compteurs numéraux. Pour compter, on prend un nombre, parfois en lecture kun, parfois en lecture on (parfois les deux dans une même catégorie !), auquel on ajoute un suffixe, qui dépend de la catégorie dans laquelle se trouve l’objet à compter.
Les principaux compteurs en japonais
Le sujet des compteurs est si vaste qu’un seul article n’y suffirait pas. Il en existe des dizaines, dont vous trouverez un aperçu ici. Bien sûr, certains sont beaucoup plus fréquents que d’autres,
Le compteur indéfini -つ
Voici l’un des plus importants, le compteur -つ (-tsu), qui permet de compter des objets indéfinis. Il s’ajoute à la lecture kun d’un nombre.
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
1 | 一つ | ひとつ | hitotsu |
2 | 二つ | ふたつ | futatsu |
3 | 三つ | みっつ | mittsu |
4 | 四つ | よっつ | yottsu |
5 | 五つ | いつつ | itsutsu |
6 | 六つ | むっつ | muttsu |
7 | 七つ | ななつ | nanatsu |
8 | 八つ | やっつ | yattsu |
9 | 九つ | ここのつ | kokonotsu |
10 | 十 | とお | tō |
Combien ? | 幾つ | いくつ | ikutsu |
Remarque : faites attention au redoublement de consonne pour 3 (みっつ), 4 (よっつ), 6 (むっつ) et 8 (やっつ).
Le compteur -つ vous sauvera la vie plus d’une fois, par exemple lors d’un premier voyage au Japon. Vous ne connaissez pas le bon suffixe à utiliser ? Aucun problème, optez pour -つ. Les Japonais le font plus souvent que vous ne l’imaginez !
Le compteur des êtres humains, -人
Un autre compteur indispensable, celui des êtres humains, -人. Il a deux prononciations : –ri pour une ou deux personnes, en lecture kun, puis –nin pour tout le reste, en lecture on.
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
1 | 一人 | ひとり | hitori |
2 | 二人 | ふたり | futari |
3 | 三人 | さんにん | sannin |
4 | 四人 | 四人 | yonin |
5 | 五人 | ごにん | gonin |
6 | 六人 | 六人 | rokunin |
7 | 七人 | しちにん/ななにん | shichinin/nananin |
8 | 八人 | はちにん | hachinin |
9 | 九人 | きゅうにん/くにん | kyūnin/kunin |
10 | 十人 | じゅうにん | jūnin |
Combien de personnes ? | 何人 | なんにん | nannin |
Pourquoi plusieurs lectures ?
Si vous vous demandez pourquoi on passe de la lecture kun à la lecture on, c’est très simple : il existe en réalité deux manières de compter les personnes en japonais :
- Lecture kun + -tari : hitori, futari, mitari, yotari/yottari, itsutari…
- Lecture on + -nin : ichinin, ninin, sannin, yonin*, gonin…
L’usage a retenu la lecture kun pour « une personne, deux personnes », puis la lecture on pour le reste.
*Vous aurez sans doute remarqué la lecture yonin pour 四人, « quatre personnes ». La logique voudrait qu’on dise shinin, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un exemple de yutōyomi : une lecture kun (yo) suivie d’une lecture on (-nin). On peut supposer qu’il s’agit là aussi d’éviter de prononcer shi, (死), « mort ».
Pour finir, les lectures on ichinin (一人) et ninin (二人) ne sont pas employées seules, mais elles persistent dans des mots composés ou des expressions, comme 一人前 (ichininmae), « personne adulte, qualifiée » ou 二人三脚 (nininsankyaku), « course à trois jambes, coopération ».
Remarque : le compteur -人 est réservé aux humains. Pour les animaux, il y en a plusieurs, que nous verrons dans un futur article.
Le compteur des objets longs et cylindriques, -本
A la lecture de cet intitulé, vous pensez peut-être que -本 (-hon) est réservé à une catégorie très marginale. C’est tout le contraire : il s’agit de l’un des compteurs les plus courants en japonais. Il permet de compter un nombre absolument incroyable d’objets allongés ou cylindriques : rivières, chemins, crayons, trains, points (dans un contexte sportif), films, brochettes, bananes, bouteilles… Vous comprenez maintenant pourquoi il est indispensable en voyage : pour commander une bière en bouteille, vous direz : ビール、一本 !
Faites attention aux modifications de la consonne h, qui peut se transformer en pp ou b en fonction du mot.
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
1 | 一本 | いっぽん | ippon |
2 | 二本 | にほん | nihon |
3 | 三本 | さんぼん | sanbon |
4 | 四本 | よんほん | yonhon |
5 | 五本 | ごほん | gohon |
6 | 六本 | ろっぽん | roppon |
7 | 七本 | ななほん/しちほん | nanahon |
8 | 八本 | はちおん/はっぽん | hachion/happon |
9 | 九本 | きゅうほん | kyūhon |
10 | 十本 | じっぽん, じゅっぽん | jippon, juppon |
Combien ? | 何本 | なんぼん | nanbon |
Remarque : il ne vous aura pas échappé que le mot 本 (hon) signifie aussi livre en japonais. Aussi étrange que cela puisse paraître, le compteur -本 ne s’applique pas aux livres. A la place, on utilise -冊 (satsu), réservé aux objets reliés. Par exemple : 十冊の本 (jūsatsu no hon), « dix livres ».
Le compteur des verres et des bols, -杯
Pas forcément le compteur le plus fréquent, -杯 (-hai) est un incontournable dans les bars et restaurants. Il désigne une quantité équivalant à un verre ou un bol. Si vous souhaitez commander une bière pression, il faudra cette fois demander ビール、一杯 ! Le suffixe -杯 peut concerner des liquides, de la nourriture solide contenue dans un bol (riz, nouilles…), voire des animaux marins en tant que nourriture, comme des calamars.
Comme pour -本, -杯 induit un certain nombre de modifications (1, 3, 6, 8, 10).
Nombre | Kanji | Transcription (hiragana) | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|---|
1 | 一杯 | いっぱい | ippai |
2 | 二杯 | にはい | nihai |
3 | 三杯 | さんばい | sanbai |
4 | 四杯 | よんはい | yonhai |
5 | 五杯 | ごはい | gohai |
6 | 六杯 | ろっぱい | roppai |
7 | 七杯 | ななはい | nanahai |
8 | 八杯 | はっぱい | happai |
9 | 九杯 | きゅうはい | kyūhai |
10 | 十杯 | じっぱい, じゅっぱい | jippai, juppai |
Combien ? | 何杯 | なんばい | nanbai |
Le kanji 杯 se retrouve d’ailleurs dans la formule permettant de trinquer, 乾杯 (kanpai), littéralement « verre sec ».
D’autres compteurs vus précédemment
Nous allons nous en tenir là pour les compteurs. Nous en avons vu trois autres dans l’article sur la date en japonais : -年 pour les années, -月 pour les mois et -日 pour les jours. Notez cependant que dans ce contexte, ils concernent uniquement la date. Pour exprimer une durée (en années, mois, jours), le mot ne sera pas le même. Par exemple, 一日 se prononce tsuitachi dans le sens de « le 1er du mois » et ichinichi dans le sens de « un jour » (comme durée).
En complément : compter en anglais
Refermons cet article avec un point que vous verrez rarement dans les manuels, mais qui peut vous servir : les Japonais comptent parfois en anglais. Plus précisément, ils emploient les nombres anglais, passés à la moulinette des katakana. Le résultat a de quoi surprendre !
Les nombres anglais sont souvent utilisés dans des titres de films ou de jeux vidéo. Par exemple : Dragon Quest 3 se prononce Doragon Kuesuto Surī.
Nombre | Katakana | Transcription (rōmaji) |
|---|---|---|
1 | ワン | wan |
2 | ツー | tsū |
3 | スリー | surī |
4 | フォー | fō |
5 | ファイブ | faibu |
6 | シックス | shikkusu |
7 | セブン | sebun |
8 | エイト | eito |
9 | ナイン | nain |
10 | テン | ten |
Bonus : la fiche mémo pour compter en japonais
Dans ce guide, nous avons déjà vu beaucoup de notion importantes. Et encore, j’ai fait le choix d’en laisser de côté un certain nombre (sans mauvais jeu de mots) pour ne pas vous submerger.
Quoi qu’il en soit, félicitations : vous savez désormais compter en japonais de 1 à 10 (et bien au-delà !) et vous connaissez les bases du système des compteurs. Si vous n’avez pas tout retenu à la fin de cet article, rien de grave : je vous ai préparé une fiche mémo qui vous permettra de revoir toutes ces notions à tête reposée.
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Maintenant, à vous de pratiquer ! Former les nombres dans une langue étrangère fait toujours un chauffer le cerveau, mais avec un peu d’entraînement, vous y arriverez facilement.
Image d’en-tête : Confused Math Lady.


